10 milliards d’euros distribués par erreur à la Hongrie par l’UE ?

L’Union européenne redistribue chaque année des milliards d’euros à ses États membres. Objectif : favoriser leur développement économique et réduire les inégalités. Mais ces aides peuvent être partiellement ou totalement bloquées si un État utilise ces fonds à des fins de corruption ou porte atteinte à l’État de droit (principe selon lequel tout le monde, gouvernement compris, est soumis à la loi).

C’est ce qu’on appelle le “mécanisme de conditionnalité de l’État de droit”.

Et la Hongrie dans tout ça ?

Depuis plus d’une décennie, on observe un effritement méthodique de l’État de droit en Hongrie :

  • Affaiblissement de l’indépendance de la justice

  • Réduction des contre-pouvoirs

  • Médias sous pression

  • Corruption systémique

  • Droits des personnes LGBT restreints

En 2022, le mécanisme de conditionnalité est activé contre la Hongrie pour la première fois (partiellement).

Des fonds sont gelés. On parle de dizaines de milliards d’euros.

Mais en décembre 2023, 10 milliards d’euros sont finalement débloqués par la Commission européenne (l’exécutif de l’UE).

Problème : la situation en Hongrie n’a pas fondamentalement changé. Le gouvernement de Viktor Orbán continue d’être accusé de violations de l’État de droit.

En 2024, le Parlement européen introduit un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Il accuse la Commission d’avoir enfreint ses propres règles en débloquant ces fonds en décembre 2023.

Mais pourquoi la Commission a-t-elle pris cette décision à ce moment-là ?

Pas de certitude. Seulement des soupçons.

La décision est intervenue la veille d’un sommet crucial des dirigeants européens, alors que l’UE avait besoin de l’accord d’Orbán pour débloquer une aide à l’Ukraine.

Depuis l’activation du mécanisme, Orbán multiplie les vétos, une stratégie de pression politique en réponse au gel des fonds.

En 2026, l’avocate générale de l’affaire, Tamara Ćapeta, recommande l’annulation de la décision de la Commission.

Attention :

Les avocats généraux ne sont pas des juges.
Ils rendent un avis juridique indépendant pour éclairer la Cour.

La décision finale des juges est attendue dans les prochains mois.

Si cet avis est suivi, la décision serait historique.

La Hongrie pourrait devoir rembourser les 10 milliards d’euros.

Mais surtout, cette histoire nous rappelle une information importante : 

L’État de droit, ce n’est pas seulement une exigence pour les États.

C’est aussi une obligation pour les institutions européennes elles-mêmes.

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Une décision historique : 90 milliards débloqués pour l'Ukraine