SOTEU : Quand Ursula von der Leyen déçoit
Cette rentrée avait lieu le discours sur l’état de l’Union, rendez-vous annuel au cours duquel la présidente de la Commission européenne présente au Parlement ses priorités pour l’année à venir. Il en résulte un sentiment de déception.
Derrière la vingtaine d’initiatives annoncées, une impression de vide : aucun financement précis, aucun plan d’action véritablement ambitieux et presque aucune mention du budget européen. Pourtant, nous entrons dans une année décisive pour les négociations du prochain budget de l’Union, qui couvrira la période 2028-2034.
Je soutiens l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans annoncée. Mais, sur le numérique, le reste du discours demeure insuffisant. Rien de concret sur les moyens nécessaires pour bâtir une intelligence artificielle européenne, alors que l’Europe accuse déjà un retard important en terme de souveraineté numérique.
Je retiens également le soutien d’Ursula von der Leyen à l’Ukraine, sa volonté de renforcer la sécurité européenne et l’association annoncée du Canada à l’Union dans ce domaine. Mais j’aurais souhaité qu’elle aborde la mobilisation des avoirs russes gelés pour financer le soutien à l’Ukraine, un dossier sur lequel je suis rapporteur au Parlement européen.
Sur le plan social, Ursula von der Leyen a annoncé un « pacte pour le soin », sans préciser les mesures législatives ni les financements qui l’accompagneront. Une annonce d’autant plus insuffisante que la Commission vient de supprimer les moyens consacrés à EU4Health, un programme dédié à la santé.
Enfin, aucune réponse concrète n’a été apportée en matière de commerce international. Ursula von der Leyen reconnaît le déséquilibre industriel croissant entre l’Europe et la Chine, mais se contente de proposer davantage de dialogue.