Mon discours - Commerce de l’acier

L’Europe assume enfin qu’un marché ouvert n’a de sens que si les règles du jeu sont équitables et respectées par tous.

Voilà des années que le marché de l’acier est livré à une concurrence sans raison et sans règles.

Une surcapacité endémique menace notre industrie, alimentée par des productions massivement subventionnées, en particulier chinoises.

Pour y répondre, l’Europe va donc réduire de moitié les quotas d’importation d’acier à tarif réduit, et nous allons doubler les droits de douane hors quota, de 25 à 50 %.

Pour notre Union, ces choix marquent la fin de l’innocence en matière de libre-échange.

Ils permettront de garantir notre souveraineté dans un secteur stratégique, de protéger nos travailleurs et nos savoir-faire, et de donner à notre industrie les moyens de devenir un leader de l’acier décarboné.

Il faut désormais étendre ces sauvegardes à d’autres produits essentiels.

Et, je vous le dis, elles ne seront pleinement efficaces que si elles sont accompagnées, non pas, Madame Knafo,
par la baisse des charges sociales qui sont des salaires différés, mais par un plan d’envergure de lutte contre la surproduction chinoise, par une loi de préférence européenne à la hauteur des enjeux, et un investissement massif dans la décarbonation.

Sur ce point, le prochain budget à long terme de l’Union n’est pas au rendez-vous !

La raison est simple : il exclut le recours à l’emprunt commun pour financer ces investissements pourtant vitaux.

C’est une erreur tragique qu’il est urgent de réparer !

Pour que l’Europe protège ses travailleurs, le climat et sa souveraineté.

Et pour que l’Europe n’agisse plus au nom du seul libre-échange,
mais aussi du juste échange.

Dans l’attente, célébrons ce vote !

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