Ouvrir la voie d’un Iran libre et d’une paix durable

On ne peut que se féliciter de l'affaiblissement du régime iranien. Il est oppressif, criminel et tortionnaire.

Le régime des mollahs réprime son peuple, soutient des groupes terroristes comme le Hezbollah et le Hamas, et poursuit une funeste ambition d'armement nucléaire.

Il s'est rendu coupable de crimes contre l'humanité, dont le dernier en date : le meurtre de 30 000 de ses citoyens lors des manifestations de janvier dernier.

Nous avions appelé la communauté internationale à agir, elle s'est révélée impuissante.

Pour autant, l'intervention menée par les États-Unis et Israël est illégale.

Le droit international est explicite : l'usage de la force contre un État n'est permis qu'en cas de légitime défense, ou sur décision du Conseil de sécurité de l'ONU.

Les frappes sont contraires au droit international et doivent à ce titre cesser immédiatement.

Dans l'immédiat, la France et l'Europe doivent agir. Nous devons protéger nos ressortissants, nos alliés et nos forces présentes dans la région.

Je salue à ce titre la mobilisation des moyens militaires français.

Cette présence est essentielle également pour empêcher l'extension du conflit à d'autres pays de la région, en particulier au Liban.

En mettant tout en œuvre pour stopper la propagation de cette guerre, nous pouvons encore parvenir à la désescalade et ramener toutes les parties à la table des négociations.

Si nous en sommes arrivés là, c'est en partie parce que les mécanismes censés garantir notre sécurité collective sont aujourd'hui paralysés.

Le droit international prévoit un principe clé nommé responsabilité de protéger. Il permet à la communauté internationale d'agir, par le biais du Conseil de sécurité de l'ONU, lorsqu'un État commet des crimes contre l'humanité contre sa propre population.

Mais en pratique, l'action du Conseil de sécurité de l'ONU est souvent bloquée par le droit de veto de ses cinq membres permanents. C'est ce qu'a fait la Russie lors de la guerre civile en Syrie.

Il est donc plus que jamais nécessaire de réformer ce droit de veto. Trois propositions simples pourraient débloquer la situation à l'avenir : permettre aux membres permanents de voter contre sans exercer automatiquement un veto, afin d'exprimer leur opposition sans bloquer l'action du Conseil ; exiger qu'un veto soit accompagné d'au moins un autre vote négatif, ce qui empêcherait qu'un État agissant seul puisse bloquer une résolution ; permettre à l'Assemblée générale de passer outre un veto par une majorité des deux tiers, l'ensemble des États membres de l'ONU pouvant ainsi débloquer une situation d'impasse.

Pour ne plus jamais se retrouver dans l'impasse entre l'illégalité et l'inaction, la France et l'Europe doivent prendre l'initiative de porter ensemble une proposition de réforme du Conseil de sécurité de l'ONU, pour empêcher que se produisent à nouveau des crimes contre l'humanité.

Alors seulement pourrons-nous ouvrir la voie vers un Iran libre, capable de choisir lui-même son destin, et une paix durable au Moyen-Orient.

Pour la paix. Pour un Iran libre.

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