Ma tribune parue dans le Monde : “Derrière la liesse de la Coupe du monde 2026, il y a des liasses qui échappent à l’impôt” [Extraits]
Après plus d’une décennie d’expansion, les jeux d’argent en ligne ont généré 47,9 milliards d’euros de produit brut à l’échelle européenne, en 2024. Le secteur, de plus en plus numérisé et transfrontalier, tire pleinement parti du marché unique. Pourtant, les régimes fiscaux qui s’y appliquent restent propres à chaque État membre, et les niveaux d’imposition varient considérablement de l’un à l’autre. Cette disparité crée des distorsions : les opérateurs s’implantent là où la fiscalité est la plus faible, et vendent leurs services dans toute l’Union européenne (UE). Derrière la liesse du Mondial, il y a donc des liasses qui échappent à l’impôt. Dès lors, une intervention sur le plan européen apparaît nécessaire. (...)
Monsieur le Premier ministre, tant que le Conseil ne renoncera pas à liquider le fonds européen ou à renier les fonds de cohésion pour financer le fonds de compétitivité, il n’y aura pas de consentement du Parlement européen.
Le Mondial 2026 aura peut-être battu tous les records de paris, mais il aura surtout rappelé le poids d’une industrie qui génère plus de 50 milliards d’euros par an en capitalisant sur un fléau social, sans être mise à juste contribution. Et à quoi bon promettre une Europe de la défense, du numérique et du logement, si nous sommes incapables de la financer ? L’échéance de 2028 approche, et les Etats membres ne pourront pas différer indéfiniment cette décision. L’Europe n’a plus le luxe d’attendre.