Quand la droite s’allie à l’extrême droite…
En 2019, l’Europe s’était accordée sur le Green Deal, une feuille de route visant à permettre aux États de l’Union de devenir neutres en carbone d’ici 2050. Une nécessité pour l’avenir de l’humanité.
Parmi les mesures phares de cette stratégie figurait notamment la fin de la vente des voitures thermiques neuves d’ici 2035 (c’est-à-dire les véhicules équipés d’un moteur essence ou diesel).
Malheureusement, les élections européennes de 2024 ont changé la composition du Parlement. Depuis, une majorité de députés, plus à droite, cherche à annuler les textes adoptés lors du précédent mandat.
Le groupe majoritaire, la droite traditionnelle du PPE (l’équivalent européen des Républicains), n’hésite plus à s’allier aux partis d’extrême droite pour déconstruire, une à une, les briques fondatrices de notre ambition climatique commune.
Cette semaine, la Commission européenne a annoncé son intention de présenter un nouveau « paquet automobile », comprenant notamment une proposition visant à réviser les normes CO₂ pour les véhicules, en remplaçant l’objectif de 100 % de réduction des émissions en 2035 par 90 %.
Ce renoncement intervient alors même qu’un paquet de reculs sur le Green Deal vient d’être voté au Parlement européen par une alliance entre les groupes de droite et d’extrême droite : il réduit notamment le champ d’application de la CSRD, la directive obligeant les entreprises à publier des informations sur leur impact environnemental, et de la CSDDD, qui impose, entre autres, aux grandes entreprises un devoir de vigilance et des plans de transition climatique. La lutte contre la déforestation importée a été repoussée et affaiblie quelques jours plus tard par la même coalition.