Qui a eu la peau du règlement déforestation ?

Lors des derniers votes en décembre, l’Union européenne a formellement adopté la
« simplification » du règlement déforestation.
Simplification ?
Ceci représente en réalité un sinistre démantèlement…

Le règlement déforestation a été adopté en 2023. C’était l’une des mesures phares du Green Deal européen. Il était censé lutter contre la déforestation en exigeant que les produits vendus en Europe ne soient pas issus de terres déboisées après le 30 décembre 2020.

Pour le contrôler, les compagnies européennes étaient tenues de vérifier sur quelle parcelle un produit avait été conçu et de prouver qu’il ne s’agissait pas d’une forêt détruite récemment.

Mais c’était sans compter la hantise de ce texte chez la droite et l’extrême droite, qui ont profité de leur progression aux élections européennes de 2024 pour engager son démantèlement.

Ils ont d’abord repoussé, fin 2024, la rentrée en application du règlement d’un an, pour se donner le temps de préparer un plan d’attaque…

Sous leur pression, et dans le contexte ambiant de recul écologique, la Commission européenne a ensuite annoncé, à l’automne 2025, un tendancieux projet de « simplification » du texte.

Cette procédure de simplification a été soutenue par l’alliance entre la droite et l’extrême droite afin d’orchestrer la mise à mort du règlement.

Voici les six modifications principales qu’ils ont réussi à faire passer en force : 

  1. Plus aucune déclaration anti-déforestation pour l’immense majorité des compagnies. Ceci affaiblit la traçabilité des produits : il devient bien plus difficile de savoir s’ils sont issus de terres déboisées. 

  2. Pour les petites entreprises, des déclarations exemptées de localisation précise de leur zone de production, et pas d’obligation de mise à jour de ces déclarations. Impossible de contrôler avec certitude si leur produits ont causé la déforestation.

  3. Une définition élargie des petites entreprises, pour affaiblir encore plus les contrôles.

  4. Une exemption complètement arbitraire pour les livres, magazines, journaux et autres produits imprimés. Ceci ouvre la porte vers un lobbying agressif venant d’autres industries pour des exemptions équivalentes.

    Et le plus scandaleux, de loin :

  5. Une clause exigeant que la Commission propose d’autres mesures de simplification en avril 2026. 

  6. Un nouveau report d’un an de l’entrée en vigueur du règlement : fin 2026 pour les grandes entreprises et mi-2027 pour les petites. C’est une mesure cynique, qui permet à la déforestation de continuer sa progression, et à la droite et l’extrême droite de préparer une deuxième “simplification” qui puisse mettre définitivement à mort le règlement.  

Je vais continuer de me battre, avec mon groupe S&D, pour préserver au maximum ce règlement et nos forêts.

Mais que tous le sachent : la droite (le PPE) n’était pas obligée de s’allier à l’extrême droite. Un compromis aurait été possible avec le S&D.

C’est la droite européenne qui a eu la peau du règlement déforestation

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